MaPrimeRénov’ au rabais : le gouvernement renonce à la transition écologique pour tous
Le gouvernement prévoit d’exclure certains travaux importants du dispositif MaPrimeRénov’, comme l’isolation seule ou certains types d’équipements de chauffage. Alors que les factures d’énergie augmentent de façon vertigineuse, cette mesure prive les ménages des aides dont ils ont besoin pour isoler leur logement. Selon la CNL, forcer les habitants à prendre en charge des travaux coûteux revient à abandonner la lutte contre la précarité énergétique.
Une liste noire de travaux sacrifiés par l’État
C’est une mauvaise nouvelle pour le pouvoir d’achat des consommateurs et des habitants. Dès septembre 2026, le gouvernement va resserrer les règles du dispositif MaPrimeRénov’.
En pratique, l’État va supprimer les aides financières pour une grande partie des travaux liés à l’amélioration thermique.
Parmi les opérations désormais exclues du financement individuel direct :
L’isolation thermique seule : qu’il s’agisse des murs, des toitures, des rampants ou des combles perdus ;
Le chauffage au bois : pose de poêles à granulés ou à bûches, foyers fermés et chaudières biomasse ;
Le solaire thermique et la ventilation : chauffe-eau solaires individuels (CESI) et VMC ;
Les chauffe-eau thermodynamiques.
Désormais, le parcours par geste ne couvre plus que très peu d’équipements : les pompes à chaleur air/eau ou géothermiques, les raccordements aux réseaux de chaleur et la suppression des cuves à fioul. Pour tous les autres cas, les usagers sont orientés vers le parcours « Rénovation d’ampleur ».
Rénovation globale : la fausse bonne solution
Pour que le ministère continue de financer une isolation ou un poêle à bois, il faut que les ménages entreprennent une rénovation globale. Cette rénovation globale doit permettre un gain d’au moins deux classes énergétiques et doit être encadrée par Mon Accompagnateur Rénov.
La rénovation globale peut sembler vertueuse sur le papier, mais la réalité du terrain est tout autre. Pour la grande majorité des propriétaires occupants à revenus modestes ou des bailleurs populaires, le reste à charge d’une rénovation globale représente des dizaines de milliers d’euros. En fermant le robinet des aides « au coup par coup », le ministère empêche les ménages d’échelonner leurs travaux selon leurs moyens.
De plus, une nouvelle contrainte s’ajoute : dans le parcours de rénovation globale, aucune aide ne sera accordée si un chauffage au gaz est conservé dans le logement à l’issue du chantier.
La CNL exige le maintien des aides et le respect des habitants, et je soutiens cette position.
Pour la CNL, cette réforme est un grave recul social. L’État économise sur le dos des habitants; ces derniers doivent subir des factures d’énergie incontrôlables dans des logements mal isolés.
La CNL demande :
- Le maintien des aides par geste (isolation, chauffage) pour rénover à son rythme ;
- Un reste à charge limité pour rendre les gros chantiers réellement accessibles aux budgets modestes ;
- Un vrai soutien financier pour protéger les locataires et propriétaires face à la hausse des charges.
Rejoignez la CNL afin de faire valoir vos droits !
Face à ce désengagement de l’État, les habitants et les consommateurs ne doivent pas rester isolés. La CNL continue de se mobiliser pour défendre le droit à un logement digne, bien isolé et accessible à tous et toutes.
Locataires ou propriétaires modestes, ne laissez pas vos droits se réduire. Contactez votre amicale ou votre fédération CNL locale pour être accompagné dans vos démarches, décrypter vos devis de rénovation et faire entendre votre voix face à ces mesures injustes.
